
Principalement d'après le livre "Qu'est-ce qu'un Français ?", de Patrick Weil
résumé par Francine Pallard et Micheline Gutmann
I - Sous l'Ancien Régime
Droit d'aubaine : un enfant français né à l'étranger est considéré comme "aubain", il n'a pas de droits successoraux, ses biens vont au roi : c'est le droit d'aubaine
Début du 16e siècle, le Jus soli : est français celui qui est né de parents français dans le royaume de France et qui y demeure de façon permanente
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23/2/1515 |
La naissance en France de parents étrangers donne le droit à la nationalité française |
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Fin 16e siècle |
La qualité de Français se transmet par filiation, quel que soit le lieu de naissance. L'arrêt Mabile du 7/9/1576 fait jurisprudence. |
II - A partir de la Révolution
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30/4/1790 |
La nationalité est définie par la Constitution |
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2/5/1790 |
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4/8/1789 |
Abolition du servage (les serfs étaient alors au nombre de 1 500 000). |
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28/1/1790 |
Les Juifs portugais, espagnols, avignonnais obtiennent droit de cité |
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6/8/1790 |
Abolition du droit d'aubaine |
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9/12/15/12 |
Les descendants des protestants expatriés ont la capacité de reprendre la nationalité française. |
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3/9/1791 |
La Constitution de l'an III définit une législation sur la nationalité pour l'ensemble du territoire |
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27/9/1791 |
Toutes les réserves concernant les Juifs sont révoquées ; ils acquièrent l'égalité des droits à condition qu'ils prêtent le serment civique. |
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26/8/1792 |
La citoyenneté d'honneur est accordée à quelques personnalités étrangères |
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24/6/1793 |
L'article IV de la Constitution déclare que tout étranger de plus de vingt et un ans
est admis à l'exercice des droits du citoyen français
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1795 |
La naturalisation cesse d'être automatique. Il faut avoir vingt et un ans et effectuer une démarche volontaire et
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1799 |
La résidence seule permet la naturalisation, la durée n'est plus sept mais de dix ans, les conditions de statut social sont supprimées. Citoyenneté et nationalité sont désormais confondues |
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19/11/1801 |
Le Conseil d'Etat adopte un texte qui propose trois statuts différents pour l'étranger :
Il donne le droit à la nationalité française à tous les expatriés qui veulent fixer leur domicile en France pour bénéficier de tous les
droits de citoyen français.
Il excepte le fils d’un émigré royaliste : celui-ci ne sera pas considéré comme le fils d'un Français ayant abdiqué sa patrie mais "comme celui d'un individu mort civilement". |
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1803 |
Le Code civil prend le relais de la Constitution :
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1810 |
La nationalité française :
Etant donné le coût et la difficulté d'obtenir la naturalisation, beaucoup d'étrangers choisissent la formule de l' "admission à domicile", qui accorde les mêmes droits civiques et peut être perpétuelle, sauf révocation par les autorités. |
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14/10/1814 |
La loi permet aux individus nés sur des territoires rattachés à la France depuis 1791, puis détachés, de conserver ou de retrouver la nationalité française. |
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29/6/1848 |
Le décret de 1814 est suspendu jusqu'au vote d'une nouvelle législation |
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7/2/1851 |
La loi introduit le double "droit du sol" : un enfant né en France d'un parent étranger qui lui-même y est né, est français, mais il peut répudier sa nationalité à sa majorité. |
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24/10/1870 |
et décret d'application du 7/10/1871 : le "décret Crémieux" concède la nationalité française à tous les Juifs établis en Algérie avant la date du décret, ce qui exclut les territoires colonisés par la suite. |
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1871 |
Le cas des Alsaciens et Lorrains des départements annexés par l'Allemagne : ils doivent choisir leur nationalité. Dans le cas où ils désirent opter pour la nationalité française, ils doivent quitter ces départements et faire ensuite une déclaration. S'ils restent sur place, ils auront la nationalité allemande. Le traité de Versailles de 1919 leur rendra la nationalité française. Ceux qui sont partis vers la France entre 1872 et 1919 auront à demander leur réintégration par une démarche semblable à celle de la naturalisation. Ce n'est qu'en 1998 qu'a été définitivement supprimée, pour l'obtention d'une preuve de nationalité, la nécessité de fournir une preuve par filiation de l'origine française avant 1871. |
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16/12/1874 |
Ne peut répudier sa nationalité française que celui qui justifie officiellement qu'il a conservé sa nationalité d'origine |
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26/06/1886 |
Est déclaré français dès sa naissance tout individu né en France d'un étranger qui y est lui-même né (concerne particulièrement les enfants de femmes ayant perdu la nationalité française par mariage). |
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11/02/1887 |
La loi facilite l'accession à la nationalité française d'enfants nés en France de parents étrangers. |
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1889 |
L'admission à domicile n'est plus admise que comme préalable à la naturalisation afin de réduire le délai d'attente. |
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8/08/1893 |
La loi relative au "séjour des étrangers en France et à la protection du travail national",
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1889-1940 |
C'est le ministère de la Justice qui décide des naturalisations.
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02/08/1914 |
Tout étranger a obligation de faire une demande de permis de séjour |
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7/04/1915 et |
Ces lois instaurent des procédures de déchéance de la nationalité à l'encontre des naturalisés d'origine ennemie |
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10/08/1927 |
Le délai nécessaire pour qu'un étranger puisse demander sa naturalisation passe
de dix à trois ans. |
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juin-34 |
La loi interdit aux Français récemment naturalisés d'exercer pendant dix ans des professions publiques instituées par l'Etat et de s'inscrire au Barreau |
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12/11/1938 |
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12/04/1939 |
Les étrangers bénéficiaires du droit d'asile sont soumis aux obligations imposés aux Français par les lois sur le recrutement et sur l'organisation de la nation en temps de guerre |
III - Lois du gouvernement de Vichy
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23/07/1940 |
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03/10/1940 |
Les lois antijuives vont entraîner la dénaturalisation d'un grand nombre de Juifs. |
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07/10/1940 |
Abrogation du décret Crémieux |
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23/02/1941 |
La loi du 23/7/1940 s'applique à tout Français qui, hors du territoire métropolitain, trahit par ses actes, discours ou écrits, les devoirs qui lui incombent en tant que membre de la communauté nationale. |
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02/06/1941 |
la loi du 3 /10/1940 sur le statut des Juifs :
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05/10/1943 |
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IV - La France Libre
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Août 1940 |
A Londres, René Cassin fait ouvrir un registre afin d'enregistrer les déclarations de nationalité française d'après les lois antérieures à 1940. Il y accueillera :
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18/07/1943 |
A Alger, le général Giraud abroge les lois de Vichy de 1940, sauf celle concernant
le décret Crémieux. A la suite de protestations du comité gaulliste, et malgré l'opposition américaine,
le rétablissement du décret est constaté dans les faits. |
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15/09/1943 |
Le Consulat général de France prend le relais |
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24/05/1944 |
Le Comité français de libération nationale à Alger, grâce à René Cassin, abroge la
loi du 23/7/1940 sur les dénaturalisations. Après le retour à Paris, les naturalisations seront étudiées
une par une et, en général, classées, sauf celles qui concernent des individus ayant collaboré avec
l'ennemi (479 déchéances prononcées). |
V - Après la Libération
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18/05/1945 |
Le Haut Comité adopte un projet prévoyant d'organiser l'entrée des immigrés selon un ordre de "désirabilité" déterminé. Le comité est placé sou la responsabilité Georges Mauco, ancien collaborateur de Vichy, antisémite, qui professe encore des critères ethniques et géographiques. |
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19/10/1945 |
nouveau Code de la nationalité est promulgué, il s'inspire de la loi de 1927 :
Les conditions de naturalisation : |
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28/07/1960 |
Les conditions de conservation de la nationalité française pour les populations d'Afrique noire et de Madagascar sont maintenues pour
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21/07/1962 |
Les ressortissants d’Algérie :
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09/01/1973 |
L'égalité de l'homme et de la femme en matière de nationalité facilite l'accès des époux de Françaises à la nationalité française. |
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Lois de 1978 et 1983 |
Elles suppriment les restrictions quant aux professions et aux différents droits de vote à exercer pendant dix puis cinq ans après la naturalisation. |
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1993 |
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1998 |
Tout enfant né en France d'un parent étranger
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