
par Micheline GUTMANN
Avec la participation d'Anne-Marie FRIBOURG
La communauté juive, la situation économique, les métiers
La situation économique des juifs de Durmenach a été très variable dans le temps et suivant les familles. Avant la révolution, la vie est très difficile par suite des contraintes imposées aux Juifs. La communauté comprend surtout des petits colporteurs. Mais il y a aussi des marchands, certains vont jusqu’aux foires des environs, à Zurzach en Suisse, par exemple pour vendre les bestiaux et autres produits en dérivant, comme le cuir. Dans les inventaires et partages après décès (M. Ganter, Bergha), on constate que, dès le début du 17e siècle, beaucoup de Chrétiens avaient des dettes auprès des Juifs de la région, soit en têtes de bétail, en huile, en grains, soit en argent (plus rare). Une étude plus détaillée s’imposerait.
A partir de la Révolution, seuls les propriétaires, les rentiers, les marchands de bétail restent à Durmenach, les autres s’en vont.
Les rabbins de Durmenach
La religion juive et ses lois gouvernaient tous les moments de la vie familiale et communautaire.
Les relations avec la population catholique
Ils ont posé des problèmes récurrents, d’autant plus que les Juifs, nous l’avons vu, ont été majoritaires dans la commune pendant des années.
Déjà en 1789, les Juifs ont été pris à partie par la population paysanne dans toute l’Alsace mais particulièrement dans le Sundgau (sud du Haut-Rhin), ainsi que les nobles ou le clergé, par suite des dettes contractées envers eux.
La commune a même eu un maire Juif, Aron Meyer de 1840 à 1851. Benjamin Lang a été conseiller municipal pendant 35 ans. Comme exemples de problèmes, la construction du mur d’enceinte du cimetière dura de 1831 à 1843 et la guerre pour la construction d’une école dura 20 ans. Il y régnait un grand antisémitisme qui ira crescendo jusqu’aux émeutes de 1848.
La synagogue de Durmenach
Une synagogue existait depuis 1803. Elle a souffert à plusieurs reprises et en particulier en 1848. En 1874, un projet est établi et le Conseil municipal et la communauté demandent à l’état une subvention afin de l’aider à la construction d’une nouvelle synagogue. Elle fut reconstruite en 1875.

On a retrouvé la liste des donateurs ayant contribué à cette reconstruction, ainsi que le montant de leur contribution :

| Prénom | Nom | Montant | Aron | Lang | 150 | Salomon | Lang de Josué | 90 | Salomon | Samuel | 80 | Joseph | Lang d'Aron | 80 | Joseph | Lang de Raphaël | 80 | Jacques | Lang d'Aron | 80 | Salomon | Brunschwig | 80 | Hermann | Zivi | 70 | Marx | Zivi | 60 | Marx | Brunschwig | 50 | Mathias | Ulmann | 50 | Benjamin | Lang | 50 | Emmanuel | Lang | 50 | Jacues | Boneff | 50 | Vve Josuè | Lang | 50 | Léopold | Mayer | 40 | Salomon | Lang de Joseph | 40 | David | Bloch | 40 | Théodore | Mayer | 40 | Baruch | Lang de Joseph | 40 | Isaac | Ducas | 40 | Simon | Franck | 30 | Isaac | Brunschwig | 30 | Total | 1370 |
Très détériorée par les nazis, elle a été vendue en 1953 par le consistoire qui avait probablement besoin d’argent. Elle fut transformée en un foyer Saint-Georges inauguré par Michel Debré (!), puis détruite par le feu en 1983, transformée en salle des Fêtes. Elle garde encore des traces de la présence de l’ancienne synagogue.
La photo en haut de cette page montre ces vestiges. Jean Bloch nous écrit : « L’encadrement de porte que j’ai photographié se trouve sur le mur gauche du foyer communal, dans une impasse où l’on remise maintenant les poubelles... A priori, c’était une entrée secondaire de la synagogue. »
Les familles juives de Durmenach
La plupart d’entres elles ont fait l’objet d’études détaillées de la part de Micheline Gutmann, que l’on retrouve dans les deux brochures « Etudes des familles Hauser de Durmenach et Luemschwiller » disponibles chez GenAmi.
GenAmi a également pris un grand nombre de photographies de registres d’état civil d’où des listes d’actes disponibles pour les adhérents de l’association.
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