
par Marc Fellous, président de l'AICJT
Le cimetière juif du Borgel de Tunis, Ou Beth a Haïm : la « Maison des Vivants » dans la tradition juive, a été inauguré en 1894 par le Grand rabbin de Tunisie, Eliaou Borgel.
Ce cimetière témoigne du passé récent de l’histoire de la Tunisie ; histoire complexe, tissée des multiples histoires des communautés qui y ont vécu. En ce sens, il est une partie intrinsèque du patrimoine des Juifs de Tunisie et des Tunisiens eux-mêmes.
Ce cimetière contient plus de 30 000 tombes auxquelles s’ajoutent les sépultures du vieux cimetière de l’avenue E. Rostand de Tunis (1958) qui y ont été transférées. C’est le plus grand cimetière israélite du Maghreb, voire du bassin méditerranéen, car la communauté juive de Tunisie était la plus ancienne et l’une des plus nombreuses du Maghreb (80 000 vers les années 1950).
Vue aérienne du cimetière |
![]() Plan du cimetière |
Le cimetière est localisé à la sortie de Tunis vers la Marsa, avenue Khereddine Pacha. Il est divisé en vingt quatre carrés, dont les noms correspondent en général à des personnalités célèbres comme les rabbins Haï Taïeb ou Boccara ou encore la chanteuse Habiba Msika.
M., Mme et Melle Handa Saad exercent leur fonction de gardiens depuis de très nombreuses années. Ils ont une connaissance parfaite de la localisation de nombreuses tombes, ils sont notre mémoire orale.
Nous avons sélectionné quelques photos parmi beaucoup d’autres, guidé surtout par des critères artistiques et techniques. Les tombes de personnages célèbres sont nombreuses. Certaines sont ornées de symboles gravés : oiseaux, branche, fleur, mains, signes religieux ; d’autres représentent des métiers ou encore des évènements tragiques.
Le monument aux morts, inauguré en avril 1948, porte les noms de ceux qui ont été déportés et de ceux qui sont morts dans les camps de travail.
L’association internationale du cimetière juif de Tunis, AICJT, dite « Le Borgel » a été déclarée le 3 mars 2007. Elle a pour but de participer à la préservation de ce cimetière. Notamment elle prévoit :
Notre déléguée Lina Benedite a fait connaître l’AICJT, son très beau travail et ses difficultés aux adhérents de GenAmi en lançant un appel sur notre forum. Ils n’ont pas réagi, contrairement à la présidente qui a pensé qu’une aide pouvait être apportée conformément aux propositions qui avaient été déjà lancées vers tous ceux qui s’occupaient de préserver ces lieux de mémoire que sont les cimetières juifs. Lina a bien expliqué nos idées généreuses et notre façon de mettre les données à la disposition des généalogistes et a convaincu les dirigeants de l’AICJT. Ceux-ci ont expliqué à leur tour à leurs membres ce que nous proposions et ils ont accepté une coopération à l’unanimité.
Nous avons donc le plaisir d’annoncer qu’une convention a été établie entre les deux associations.
Avec l’aide apportée par GenAmi, l’AICJT va pouvoir nettoyer un carré entier du cimetière et de ses tombes, les photographier, faire un relevé précis des inscriptions, les faire traduire, les enregistrer dans un tableau qui sera mis à la disposition des intéressés, en particulier des adhérents de GenAmi. Ces relevés complèteront ceux réalisés l’année dernière.
Par ailleurs, il existe déjà un relevé de 12 000 noms, établi au cours des années passées avec le concours des gardiens du cimetière et revu par une équipe de l’AICJT, en particulier par Monique Hayoun. Cette liste est d’ores et déjà à la disposition de GenAmi.
Nous espérons que ce splendide travail réalisé par l’AICJT sera un exemple et qu’il sera imité par beaucoup d’autres descendants des communautés d’Afrique du Nord.
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