Recherches généalogiques à Paris

par Micheline Gutmann

Ces informations, sont utiles aux nouveaux généalogistes mais elles ont également été réclamées par des généalogistes confirmés qui ne connaissent pas particulièrement les problèmes posés à Paris. Une communication a été faite à Londres en juillet 2001, lors du congrès de généalogie juive.
Les lois changeant souvent, une remise à jour s'impose périodiquement. Notre liste est presque exhaustive mais tous les chapitres pourraient être plus amplement développés. Des informations complémentaires peuvent être demandées à GenAmi.
Enfin, soulignons la possibilité d'acheter aux archives de Paris la brochure, qui se trouve dans notre bibliothèque, intitulée « Sur les traces de vos ancêtres à Paris » qui développe et illustre un bon nombre de sources non religieuses citées dans cet article.

Problèmes spécifiques à Paris

Les recherches à Paris posent des problèmes très particuliers qui ne sont pas les mêmes que partout ailleurs en France. Les raisons sont les suivantes :

  • Paris est divisé en 20 arrondissements considérés comme autant de villes différentes avec chacune sa mairie. Il est rare que nos correspondants connaissent l'adresse ou l'arrondissement où habitait leur famille.
  • Toutes les archives de l'état civil concernant les 20 arrondissements avant 1860, qui se trouvaient à l'Hôtel de Ville de Paris, ont été détruites en 1871 lors de l'insurrection de la Commune. Une petite partie, environ 25%, a été reconstituée en 1872, surtout les actes de décès et de mariage, à partir principalement des actes notariés.
  • Pour le département de la Seine, c'est-à-dire pour Paris et sa couronne, il n'y a pas eu de recensements nominatifs de la population avant 1926, contrairement aux autres départements qui ont connu des recensements tous les cinq ans à partir de 1836. Quelques exceptions existent pour certaines communes de la Seine à partir de 1891.
  • Paris a été le principal pôle d'attraction en France pour les familles juives venant des régions mais encore plus de l'étranger. Il y a toujours eu une très grande concentration de familles juives dans la capitale. Il n'y a pas eu qu'un seul lieu de regroupement autour d'une seule communauté, mais des quantités de petites communautés liées au lieu d'origine, qui ne semblent pas avoir laissé de documents.

Les principales sources accessibles

A - Archives publiques

  • Les actes d'état civil

Les registres de naissance, mariage et décès depuis 1903 se trouvent dans les mairies de Paris.
Afin d'obtenir des photocopies des actes concernant cette période, il est nécessaire de connaître au moins une date approximative et l'arrondissement. Au cas où l'on ne connaît pas l'arrondissement, une recherche préalable peut être effectuée soit à la mairie du 1er, soit au
Tribunal de grande instance, greffe de l'état-civil, 4 bd du Palais, 75001 Paris.
Actuellement, on peut aussi faire une demande directe par Internet

En ce qui concerne les naissances et les mariages, seuls les descendants peuvent y avoir accès. Cependant tout le monde peut avoir un extrait de ces actes qui, en général, ne contiennent pas la filiation.
Le délai de communication a été ramené à 75 ans après l’évènement.
Les actes de décès sont accessibles à tous à la mairie de l'endroit où la personne est décédée et, jusque récemment, ils ont été également retranscrits à la mairie du domicile, ce qui n’est plus le cas actuellement. Pas de délai de communication.

Les registres sont transférés aux archives de Paris tous les dix ans depuis le début de l'existence de ces registres en 1793.

Les registres antérieurs à 1903 se trouvent aux Archives de Paris, 18 bd Sérurier, Paris 19e. En général, aucune réponse n'est donnée par correspondance, il faut se déplacer. Les actes ont été microfilmés par les Mormons et peuvent d'ailleurs également être consultés et photocopiés dans toutes les bibliothèques des Mormons.
Pour tous les actes après 1860, il est nécessaire de connaître l'arrondissement, sinon il faudra faire une recherche dans les tables décennales des divers arrondissements.
Pour les actes reconstitués antérieurs à 1860, la connaissance de l'arrondissement n'est pas nécessaire.

  • La mise en ligne des tables et registres d’état civil

Il est maintenant possible de consulter les fiches d'accès à l’état civil reconstitué (antérieur à 1860), les tables décennales et les registres d’actes de l’état civil pour la période 1860-1902.
Un programme de numérisation des actes reconstitués est en cours. Les indications des fiches d'accès facilitent leur consultation Boulevard Sérurier.
Les actes postérieurs à 1902 sont encore dans les mairies d'arrondissement et la procédure de demande d'extrait est inchangée.
La numérisation des documents a été réalisée en 2006, pour les tables décennales à partir de la troisième collection, dite préfectorale, et pour les registres d’actes à partir de la collection communale. Pour accéder à cette recherche-consultation :

Des pré-requis techniques sur votre ordinateur :

- Le logiciel "Flash Player", à jour, pour visualiser les images numérisées.
Si ce n'est pas le cas, un lien vous permettra de mettre à jour votre version.
- Pour imprimer les images, votre navigateur doit autoriser les fenêtres pop-up pour ce site informatique.


Pour les fiches d’accès à l’état-civil reconstitué, la recherche vous demande le nom (ou le début de nom) puis les fiches affichées sont classées par date de l'acte (tous arrondissements confondus).
L'arrondissement ou la commune rattachée à Paris, figurent sous leur appellation d’avant 1860.

Le logiciel de consultation permet l'impression de l'acte avec saisie facultative d’un titre personnel.
Le téléchargement direct de l'image de l'acte n'est pas possible. Mais les techniques habituelles de capture de l'image de votre écran, sont applicables. En particulier, l'usage de la touche "Impr écran" et de l'ordre "Coller" vous permet d'insérer cette image dans un fichier.

Remarque sur l'index d'accès aux segments de registre

Les Archives de Paris ont réalisé l'index qui permet, en fonction du nom patronymique et/ou de la date de l'acte, de vous guider vers le segment du registre numérisé qui contient votre nom ou votre acte. Malheureusement, il y a quelques erreurs dans l'écriture des noms ou des dates de début et fin de certains segments (par exemple, date en 1834 au lieu de 1884).
Ceci a pour conséquence que la date de l'acte que vous avez trouvé dans la table décennale ne peut, dans ce cas, être demandée.
Un palliatif : demander une date proche dans la même année puis, en haut du cliché de consultation d'acte, cliquer sur « voir tout le registre ». Ceci permet de se déplacer vers la date recherchée et, si nécessaire, de consulter la table alphabétique qui se trouve, en général, en fin de registre. Elle récapitule les actes du registre considéré (pour l’année ou la fraction d’année), en renvoyant au numéro d’acte.


Une particularité historique pour certains arrondissements, entre le 18 mars et le 28 mai 1871 :
Par une loi en date du 19 juillet 1871, les actes enregistrés sous la Commune à partir du 18 mars 1871, ont été annulés (actes dits bâtonnés) puis refaits entre le 1er août et le 30 septembre 1871, mais également dans les années qui ont suivi.

Seuls les actes refaits sont référencés dans les tables décennales. Leur date peut donc différer énormément de la date de l'évènement qu'ils transcrivent.
Enfin, les actes bâtonnés, rendus invalides, n'ont pas pour autant été détruits et apparaissent toujours dans les registres. Leur recherche se fait de façon identique aux autres.

  • Les dossiers de naturalisation

Ils contiennent des informations d'importance variable mais en général ils sont indispensables pour les familles venant de l'étranger depuis le 19e siècle. On peut souvent y lire les noms et prénoms des parents et leur résidence et parfois ceux des frères et sœurs.
Il est nécessaire de trouver auparavant la date et le numéro du décret de naturalisation. Ces informations se trouvent dans toutes les grandes bibliothèques administratives. Puis il faut demander la sortie du dossier, la consultation se fait environ 2 semaines après. Pour la consultation des dossiers de naturalisation de moins de 50 ans, il faut demander une dérogation.
La consultation des dossiers ne peut avoir lieu que sur place au CARAN (Centre de recherche et d'accueil des archives nationales) ou à Fontainebleau, de 1930 à 1941 (bientôt jusqu'à 1975).
Pour la période de 1900 à 1960, il existe un CD-Rom avec la liste des naturalisés, s'adresser à GenAmi.
La recherche des naturalisations de 1814 à 1853 peut se faire sur le site Internet du CHAN.

Au CARAN, on trouve en outre :

  • Le minutier central des notaires parisiens
  • les dossiers de personnels du 19e siècle
  • le catalogue des thèses de l’école des Chartes
  • l'inventaire des dossiers de la société des gens de lettre
  • ...
  • Les archives de l'Enregistrement

conservent les dates de décès depuis 1791 et sont accessibles à tous s'ils ont plus de cent ans, sinon aux descendants uniquement. Les tables de décès et les déclarations de succession se trouvent aux archives de Paris. On peut ensuite rechercher des éventuels actes notariés dans les différents fonds notariaux. Très intéressants si on connaît au moins un lieu et une date approximatifs pour le décès, surtout pour la période précédant 1860.

  • Les recensements

1926, 1931, 1936 et 1946 si on connaît l'adresse, accessibles sur microfilms aux archives de Paris.

  • Les listes électorales

pour les Français si l'on connaît l'arrondissement.

  • Les archives militaires

à Vincennes pour les Français également. Mais aussi les dossiers aux archives de Paris depuis 1868 (registres de matricules) donnent des informations précieuses. Base Leonore sur Internet pour les titulaires de l’Ordre de la Légion d’honneur depuis la création et décédés avant 1954.

  • Des annuaires ou almanachs

surtout pour les professions (Didot-Bottin), que l'on trouve aux archives de Paris ou dans les grandes bibliothèques, à partir de 1805 à la bibliothèque de la Mairie de Paris.

  • Les Archives du Musée de la Préfecture de police

contiennent un fichier partiel de noms d'étrangers ayant fait une déclaration suivant les lois de 1888 et 1893 - 1 bis, rue des Carmes, 75005 Paris
Afin qu'on ne mette pas au rebut tous les fichiers et dossiers de cette administration, n'hésitez pas à vous adresser à elle afin de montrer que les informations qu'elle possède peuvent être utiles. Voir GenAmi n° 17.

  • Registres des hôpitaux

Registre de la Fondation Rothschild en particulier pour la deuxième partie du 19e siècle (voir GenAmi n° 10).

  • La bibliothèque généalogique de France

A mis sur Minitel les attributions de carte de sûreté pour la période 1792-1794. De nombreux Juifs sont concernés : ceux qui se trouvent depuis longtemps à Paris aussi bien que ceux qui arrivent de l'extérieur, de province ou de l'étranger.
Elle possède également une importante collection de faire-part et les petites annonces du Figaro.
Ne peut plus être jointe que par Internet.

  • Les archives de la Bastille

Contiennent un grand nombre de rapports et de procès-verbaux concernant les Juifs de Paris au 18e siècle. La liste de ces documents se trouve dans « Documents modernes sur les Juifs », Nelle Gallia Judaïca, sous la direction de Bernhard Blumenkrantz, édition E. Privat, 1979. Nous avons déjà signalé ce livre, consultable dans notre bibliothèque.

  • Bibliothèque de l'Arsenal

Liste de noms de famille avec adresse à Paris et origine, passeports individuels, correspondances.

  • Bibliothèque administrative de la ville de Paris

(Hôtel de Ville) : à part les listes de naturalisation et le bulletin des lois, les almanachs du commerce et de l'industrie, il y a un important fichier de personnalités qui se sont illustrées dans différents domaines. Il renvoie à des dictionnaires, livres, revues, etc.

  • Les cimetières

A la fin du 18e siècle et au début du 19e, il y a eu quelques cimetières concédés aux Juifs, comme celui de la rue de Flandre ou de Montrouge. Par la suite, seules des divisions leur ont été réservées dans les grands cimetières parisiens. Actuellement, même les divisons ne sont plus spécifiques et les sépultures de toutes les religions se côtoient. Il reste quelques exceptions à l'extérieur de Paris, par exemple le cimetière Pershing à Versailles.
Liste des principaux cimetières et leur date d'ouverture avec une liste des divisions israélites anciennes:

- Père-Lachaise ouvert en 1804, divisions 7 et 96
- Passy, 1820, Batignolles, 1833
- Montparnasse, 1824, divisions 5,24,25,28,29,30
- Montmartre, 1825, division 3
- Pantin, 1825, 37 divisions israélites
- Bagneux, 1886, 26 divisions israélites
- Thiais, nombreuses divisions

Les conditions pour une recherche du lieu de la sépulture peut être réalisée par l'administration des cimetières de Paris, à condition de connaître une date approximative. Les conditions sont devenues très restrictives. En présentant des justificatifs, on peut demander une fiche contenant la liste de toutes les personnes qui ont été inhumées dans le même caveau et qui ne sont pas forcément citées sur les pierres tombales ou les stèles.

B - Archives privées ou plus spécifiques

Les archives du Consistoire des Israélites de Paris
Ces archives sont consultables sur rendez-vous. On peut également écrire à Monsieur le directeur des Archives du Consistoire, 17, rue Saint-Georges, 75009 Paris. Elles contiennent des informations souvent très précieuses de plusieurs natures :

Les recensements
- 1809 très complet, se trouve sur le site de GenAmi
- 1852 ne comporte que les chefs de famille
- 1872 avec des informations assez incomplètes mais GenAmi a informatisé les registres qui sont donc consultables par nos adhérents

Les mariages religieux consistoriaux ont été enregistrés à partir de 1823 à la seule synagogue officielle, rue Notre-Dame-de-Nazareth, jusqu'en 1875. Ils n'indiquent pas de date ni de lieu de naissance, ni la filiation. A partir de 1872, ils donnent en général la date et le lieu de naissance, parfois les signatures de témoins. Après 1875, d'autres synagogues ont été ouvertes et il faut alors rechercher dans les registres concernant chacune d'entre elles, synagogues de la rue de la Victoire, de la rue Buffon, de la rue des Tournelles.
GenAmi a photographié les registres des mariages de 1822 à 1842 à la synagogue de la rue de Nazareth qui ont été saisis et qui sont consultables sur notre site.

Les décès avec cérémonie religieuse par un rabbin dépendant du Consistoire, à partir de 1882. Il faut connaître une date, la plus précise possible.

Bibliothèque de l'Alliance Israélite Universelle
Elle contient un nombre considérable d'ouvrages de toutes sortes. En ce qui concerne Paris, les petites annonces parues dans L'Univers israélite sont très utiles.

C - Les archives relatives à la déportation

La liste des déportés partis de Drancy, ou le Mémorial de Serge Klarsfeld, sur livre par convoi ou sur CD-Rom par nom et par lieu d'origine. Les deux versions se trouvent chez GenAmi.

Le "Fichier juif" comporte des informations complémentaires et des fiches de personnes arrêtées et/ou déportées avec des informations qui ne se trouvent pas dans le Mémorial. Microfiches à consulter au CARAN.

Le C.D.J.C (Centre de documentation juive contemporaine) publie des brochures et peut fournir parfois des informations aux familles des déportés.
Le Mémorial de la Shoah a mis son fichier de déportés en ligne avec souvent des informations complémentaires.

Les dossiers de demandes relatives aux spoliations après 1945, aux archives de Paris. Caisse des Dépôts et Consignations.

Le Musée de la Préfecture de police (liste des biens des Juifs déposés lors de leur détention à Drancy).
1 bis, rue des Carmes, 75005 Paris.
Pour ces derniers deux paragraphes, il est indispensable de se reporter à l'article intitulé "Spoliations, une démarche instructive",
paru dans GenAmi n° 13

Yad Vashem a mis en ligne l’ensemble des informations et fiches de déclarations concernant les déportés

D - Ressources propres à GenAmi

Elles sont de types variés : livres, revues, nombreux fichiers, listes d'ascendance de nos adhérents, histoires et généalogies familiales, relevés de mariages, de cimetières, liens avec les adhérents. Pour rappel, parmi les ouvrages et documents, citons :

Nombreux relevés de cimetières

Juifs à Paris au 18e siècle de Paul Hildenfinger. De nombreux actes d'inhumation et scellés ont été retranscrits par l'auteur.

Une liste de 100 noms de Juifs ayant participé à la Révolution en 1790, extraite de "Les Juifs de Paris pendant la Révolution", du même auteur,

Les professions manuelles et les institutions de patronage patronage par Léon Kahn, Durlacher 1885, comporte plusieurs listes de juifs enrôlés au service de la France au début du 19e siècle, une liste des apprentis juifs, une analyse du recensement du Consistoire de 1809, des listes professionnelles. Copie possible (7,50 €)

Mariages religieux juifs à Paris 1848-1872, par Anne Lifshitz-Krams
GenAmi possède une liste des mariages religieux antérieurs, c'est-à-dire de 1823 à 1848.

Mariages juifs à Paris de 1793 à 1802, par Claudie Blamont.- Revue du CGJ, numéros 57 et 58 (printemps et été 1999).

Souscripteurs de la Bible, traduction nouvelle par S. Cahen, publiée en 1831. On y trouve une liste de noms de familles connues ou moins connues, à Paris ou ailleurs. Des libraires, des rabbins, des abbés, des officiels et des particuliers. Ces listes nous ont été envoyées par notre correspondant, Patrick Gordis

Liste des membres de la Société des études juives en 1893, avec leur adresse.

Communauté des Juifs portugais à Paris, 1785-1795

Nombreux relevés de cimetières, par Gérard Nahon,R.E.J. 1970.

Rappelons rapidement une liste des Alsaciens à Paris en 1806, et la liste de circoncisions du mohel Jacob Schweich pour Paris entre 1775 et 1801 (voir GenAmi n° 19).

Who's who de 1979/80 et Bottin mondain de 1970.

Le fichier belge contient des informations sur des résidents à Paris.

Certains de nos adhérents possèdent également des documents.

Nous pouvons donner des informations contenues dans ces documents ou bien réaliser et envoyer à nos adhérents des copies d'un grand nombre d'entre eux.


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