
par Stéphane Lallich
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par J.-C. Hérelle-Carcassone | |
Avez-vous une origine comtadine ?
Lorsqu’on ignore si l’on a une origine juive comtadine, les noms du début de la liste d’ascendance sont très parlants.
Un comptage grossier à partir des entrées du registre de Cohen, montre que les deux noms les plus répandus sont ceux de Crémieux
et Millaud (et variantes) avec environ 10 % des entrées chacun. Viennent ensuite les Monteux, 9%, Cohen, 6,5%, Mossé, 6%, Carcassonne,
5,5%, Bedarrides, 4,0%, soit un total de 51%. Puis les Cavaillon, Delpuget, Lyon, Valabregue, Digne, Alphandery, Roquemartine, Vidal,
Beaucaire, Lisbonne, Naquet, Astruc, Baze, Abram, entre 3.5% et 2% chacun, soit près de 90% des entrées au total. Enfin, les Lunel,
Mayrargues, Laroque, Sassias, Lattès, Rouget, Saint-Paul, Espir, Gard, Samuel, Avigdor, Beziers, Cresque, Petit, Pichaud, Ravel, Sigra,
Propha, Perpignan, pour terminer par les Amiras, Anglais, Ascoli, Bordeaux, Canon, Elias, Farisol, Ferrussol, Hus, Italien, Jessi,
Livourne, Londres, Lublin, Macip, Meel, Mirahe, Nacamu, Nathan, Pereyre, Polaque, Sadock, Salman, Turin. On y ajoutera le nom de Muscat
surnom choisi comme nom en 1808 par certains des Millaud. Il faut encore mentionner les noms d’un certain nombre d’ashkénazes venus de
l’est de la France, les Allemand, Cerf, Etranger, Lazare, Lévy.
La liste ci-dessus ne prend pas en compte les variations orthographiques, variations dont il faut se méfier, tant pour les noms que
pour les prénoms, par exemple :
Les variations de noms sont parfois propres aux Carrières, notamment Monteux ou Montel à Carpentras et à L’Isle,
Montélis ou Montély à Cavaillon, Monteaux à Avignon. Comme l’explique Moulinas, nombreux sont les patronymes qui indiquent une
origine géographique supposée lors de l’arrivée dans les Etats pontificaux. Ces patronymes sont alors précédés de la particule « de »,
jusqu’à la Révolution, ainsi de Millaud, de Monteux, de Carcassonne, de Bédarrides… Quelques patronymes sont d’origine biblique
ou la traduction d’une forme hébraïque, comme Abram, Cohen, de Levi, Mossé, Cresque, Vidal, traduction de l’hébreu Haïm qui signifie
vie, ou un sobriquet, ainsi Rouget et Petit. Les patronymes Crémieux et Lyon ne sont jamais précédés de la particule « de »,
ce qui fait plutôt pencher pour une interprétation hébraïque ou biblique, renvoyant respectivement à jardinier et à Juda.
Cependant aucune des variations de Crémieux n’apparaît dans le recensement des noms des juifs de France au Moyen Âge effectué par
Seror ! Le nom Espir est en fait une variation de Spire, dû au rabbin Jacob Espir de Prague, choisi comme rabbin par la Carrière
d’Avignon en 1741, marié lui-même à une Crémieux, comme quatre de ses enfants.
On peut préciser les carrières les plus représentées pour chaque nom, avant la Révolution :
Cavaillon : Bédarrides, Carcassonne, Cohen, Crémieux, Digne, Lunel, Monteux, Vidal, mais aussi Abram, Allemand, Amiras, Astruc, Baze, Cavaillon, Cresque, Dalpuget, Levy, Millaud, Mossé, Nacamu.
Carpentras : Alphandéry, Baze, Carcassonne, Cavaillon, Cohen, Crémieux, Cresque, Digne, Espir, Laroque, Lattès, Lisbonne, Lunel, Lyon, Mayrargues, Millaud, Monteux, Mossé, Naquet, Roquemartine, Samuel, Sigra, Valabrègue, Vidal.
L'Isle : Abram, Astruc, Beaucaire, Bédarrides, Carcassonne, Cavaillon, Cohen, Crémieux, Cresque, Delpuget, Digne, Lattès, Millaud, Monteux, Vidal.
Avignon : Astruc, Atar, Beziers, Carcassonne, Cassin, Crémieux, David, Delpuget, Espir, Gard, Lange, Lisbonne, Millaud, Monteux, Naquet, Perpignan, Petit, Pichaud, Propha, Ravel, Rouget, Saint-Paul, Sassias, Valabregue, Vidal.
Une fois repéré un nom comtadin dans son ascendance, tout dépend à quelle époque remonte le plus ancien ancêtre porteur
de ce nom. Pour celui qui est intéressé par la généalogie juive dans le Comtat-Venaissin, la Révolution est une étape clef qui achève
l’éclatement des différentes communautés du Comtat. Ajoutons qu’à partir de 1792 (création de l’état civil sécularisé, laïque et
obligatoire) et plus encore de 1808 (fixation des noms), on peut se reporter aux archives de l’état civil disponibles aux Archives
départementales.
Avant de se lancer dans les recherches, c’est une bonne idée de lire un ouvrage général sur les juifs du pape, comme celui de Moulinas,
Mossé ou Lunel, voire le chapitre spécifique écrit par Hugues-Jean de Dianoux dans l’ouvrage général de Blumenkranz ou plus facile,
les mémoires comtadines de Mayer-Crémieux. On peut aussi lire une étude centrée sur une carrière particulière, ainsi Khonstamm pour
L’Isle, Prévôt pour Avignon, Brun, Calmann, ou Loeb pour Carpentras.
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