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Fiabilité des informations contenues dans les actes d’état civil

Par Micheline Gutmann

Photo de famille lors d'un mariage

Les généalogistes qui ont une certaine expérience dans la recherche des actes d’état civil et plus spécialement les actes relatifs à des personnes de confession juive, ont maintes fois rencontré dans ces actes des contradictions ou des incompatibilités en ce qui concerne les noms et les dates.

Depuis des dizaines d’années, l’établissement de l’état civil nécessite de fournir des preuves des déclarations concernant l’identité des personnes concernées : présentation de pièces d’identité des déclarants, des mariés et des personnes défuntes. Les erreurs sont donc devenues exceptionnelles.

Les noms

De nos jours, il est très difficile de changer même une seule lettre de son nom, il faut avoir une bonne raison pour cela et la modification n’est acceptée que dans certains cas précis.
Cela n’a pas toujours été ainsi : au début de l’état civil, c’est-à-dire à partir du 1er janvier 1793 (quelques rares fois dès la fin de 1792), les Juifs n’avaient pas souvent de nom héréditaire et on accolait à leur prénom celui de leur père. En 1808, le décret de Bayonne imposait l’acquisition d’un nom héréditaire, mais la loi n’était pas toujours aisément suivie et les habitudes précédentes ont demeuré un certain temps.

Nous ne développerons pas ici ce chapitre sur les noms, nous conseillons vivement nos lecteurs, s’ils ne l’ont pas encore fait, de se reporter aux aventures de noms de familles juives, racontées dans GenAmi 41 par Gérard Lévy et Anne-Marie Fribourg.

C’est dans les déclarations de décès que l’on retrouve le plus d’erreurs car elles sont souvent faites par des personnes qui ne connaissent pas le lieu de naissance ni les parents des défunts.

Les problèmes sont gravement amplifiés quand on se dirige vers les pays étrangers. Les déclarations de décès sont encore moins fiables que dans les villages d’origine des défunts. Nous avons eu des exemples encore récemment. Et lorsque les descendants sont trop sûrs des informations données par leur famille, ils risquent de ne jamais trouver la connexion.

Les dates

Les déclarations de l’état civil débutent le 1er janvier 1793 (sauf quelques exceptions fin 1792).

Pour les chrétiens, les actes sont enregistrés dans les paroisses au moins depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêt en 1539 et celle de Blois en 1579 qui imposèrent la tenue de registres paroissiaux pour les naissances, mariages, décès. Il n’exista rien de tel pour les actes religieux juifs. Le seul document obligatoire sur le plan religieux était la ketouba, un contrat de mariage qui était une garantie pour l’épouse et lui était remis. Les listes que l’on a pu dresser (traduction de ketouba, actes notariés, autres déclarations type état civil) dépendaient d’une décision locale et il existe une grande diversité des types de sources suivant les régions.

Naissance : avant l’état civil, les lieux où l’on peut trouver une date précise de naissance ou encore une date de circoncision sont rares. En général, les Juifs ne connaissaient pas leur date de naissance car cela n’a aucune importance religieuse. Même quand elle a été enregistrée ils fournissaient des dates approximatives. Ainsi, tout au long du 19e siècle, lors de déclarations de naissance de leurs enfants ou lors de leur mariage et à fortiori dans les actes de décès, on trouve des dates variées et fantaisistes. C’est le cas par exemple de Joseph Israël de Romanswiller qui a eu 15 enfants et qui à chaque naissance a donné pour lui un âge correspondant à une année de naissance différente et parfois il se rajeunissait entre la naissance d’un enfant et celle du suivant.
Ainsi, sur la tombe d’Adèle Emmanuel née à Durmenach en 1815 (acte retrouvé) et décédée à New Orléans en 1895, on lit qu’elle était alors âgée de 65 ans. Il pouvait planer des doutes car elle a eu des enfants jusqu’en 1870.

Vous trouverez le détail des documents accessibles pour chaque région dans nos guide de recherches.

Quelles sont les solutions ?

Il faut confronter tous les actes relatifs à la personne ou encore mieux à sa famille et compléter par des actes notariés et les recensements. Il est rare que l’on arrive pas à trouver une solution…surtout avec l’aide des spécialistes de GenAmi.