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L'association de la généalogie juive 
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Haïti, île martyre

Par Micheline Gutmann

 GenAmi-Généalogie juive-Toussaint-Louverture

Toussaint Louverture
(Internet)

La colonisation

Environ trois mois après son départ de Palos, Christophe Colomb aborda le 5 décembre 1492 dans une île merveilleuse qu’il croyait être un continent, « Hispaniola », habitée par quelques centaines de milliers d’indiens Arawaks. Dès lors, l’histoire a été cruelle pour cette île.
Cette population fut décimée par la brutalité des conquérants et leurs maladies. Les nouveaux venus ne s’intéressaient qu’à l’or.
Le gouverneur espagnol fit venir des noirs d’Afrique et Charles Quint autorisa la traite. Les esclaves travaillaient dans les plantations de tabac et d’indigo et ensuite de sucre et de café.

Au sud, une ville fut construite et appelée Santo-Domingo.
Les Français arrivèrent progressivement...
En 1685, Colbert fit adopter le code noir qui institutionnalise l’esclavage et l’évangélisation chasse les Juifs.
Le traité d’Ajanruez avec l’Espagne, en 1777, officialisa la présence française. La ville du Cap Français fut construite.

Vers 1764, le comte d’Estaing (qualifié de « fou furieux » par Choiseul) taxe exagérément les Juifs qui sont partiellement revenus. Ils possèdent des esclaves, même s’ils les considèrent un peu mieux que les autres colons (certains reconnaissent leurs enfants métis). La famille Gradis pratique même la traite.
Des noms sont cités sur une liste de sommes à payer :
- au Cap : les Fessard sont les plus riches puis Rabba, Victoria, Pereira et Totta, La Meyra, David Mendes, Lange, Francillon, Moline, Oliveira, Pessoa, Torres, Fereire, Garcie, Salzedo, Jean, Isaac et Roble, Monsanto et Totta, Barques, Lejan,Pechotte,Torres de Limarade, Jacob Toussaint (Louverture serait-il de la famille ?), Lopes, Castro.
- à Port-au-prince : Daguilar, Despas, Depas (plusieurs personnes), Lewis.
D’autres sommes sont réellement payées par : Aron Victoria, Mendès Fourtado, Guimarin, Mendès-France,Alvares,Alvares Correa, Alvares. Elles serviront à construire des baraques (Archives nationales).

La marche vers l’Indépendance

A la veille de la Révolution il y avait environ 500 000 noirs pour 32 000 blancs et 28 000 métis ou affranchis (Wikipédia). La Révolution entraîna une révolte des esclaves qui aboutit en 1793 à la déclaration par la Convention de l’abolition de l’esclavage.
Toussaint Louverture, leader charismatique, nommé gouverneur de l’île par la France, a rapidement fait preuve d’imprudence en décrétant l’autonomie et se déclarant le Napoléon noir, ce qui n’a pas du tout plu au Napoléon blanc qui délègue aussitôt son beau-frère Lefèvre avec 30 000 hommes. Toussaint Louverture est ramené et fait prisonnier en France où il meurt de froid dans une prison.

Un petit livre à lire, très beau, Victor Hugo l’a écrit à 16 ans : Bug-Jargal.

La bataille continue et malgré les troupes de Rochambeau, l’indépendance est déclarée le 1er janvier 1804.

Deux siècles d’infortune

Qu’ont-ils fait de leur indépendance ? Comment expliquer qu’un pays de noirs libres depuis plus de 200 ans n’a pas pu s’en sortir ? Ils envient La Martinique, c’en est presque à regretter la colonisation, c’est ce que m’a dit un jour un chauffeur de taxi haïtien !!!

Le seul grand héros que l’île ait connu, qui l’aurait peut-être mise sur des bons rails a disparu pour laisser la place à des despotes et à des incapables qui tombent à la merci des aventuriers de toutes sortes.
Les coups d’état se succèdent, la pagaille règne, les dictateurs en profitent, puis les bandits, comme de nos jours. La faim crée des émeutes.

De plus, quatre cyclones d’intensité majeure on récemment traversé l’île, ravageant tout sur leur passage.

GenAmi-Généalogie juive- Haiti Carte du séïsme

Carte du séïsme du 12 janvier 2010
(Internet)

Le séisme du 12 janvier 2010

Déjà en 1842, un séisme de force majeure secoua violemment l’île dans la région du Cap Haïtien. Edouard Théodore Cerf Berr, consul de France à Saint-Domingue, y a perdu sa fille Caroline et lui-même succomba en mer peu de temps après.

Et maintenant un séisme imprévisible de force 7,3 suivi de nombreuses répliques, a complètement détruit Port-au-Prince et une bonne partie de l’île, très peu protégée contre ce phénomène.
On a rarement vu un tel désastre. Peut-être 100 000 morts, des cadavres jonchent les rues, les rescapés blessés ont soif, ont faim, manquent de tout, les familles éloignées sont coupées de communication avec leurs proches, les autorités ne savent pas qui est vivant qui est mort, la délégation de l’ONU, bâtiment de cinq étages, a été dévastée, son chef mort, 150 casques bleus auraient disparu, l’ambassade de France détruite ainsi que le Palais présidentiel avec de nombreux résidents qui s’y trouvaient, des hôtels…l’archevêque est mort.

L’aide internationale doit être massive. Il faut dépanner d’urgence puis reconstruire.

Choisissez votre ONG : « Médecins du Monde », « Médecins sans Frontières », « Fondation de France », « Le Secours populaire », etc. Méfiez-vous des arnaques sur Internet et des collectes de politiciens.