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L'association de la généalogie juive 
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L'Hermione, frégate de la Liberté

Une rapide visite et des photos de Micheline Gutmann

Dans GenAmi 68, nous avons mentionné l'Hermione, la frégate, sur laquelle est parti La Fayette lors de son deuxième voyage pour l'Amérique, en 1780. Ce navire participa à la bataille de la Chesapeake, qui fut décisive, contre les Anglais...


C'est en 1992 que naît à Rochefort l'idée d'une association dont le but serait la construction d'une réplique exacte de l'Hermione. Le président de l'association se trouva être dès le début Erik Orsenna, prix Goncourt 1988, académicien, déjà président de la Corderie royale.

Il a fallu 17 années pour mener le projet à son terme. Aujourd'hui la frégate est terminée, à part quelques finitions pour le confort intérieur. Elle va partir le 6 septembre pour un voyage inaugural de deux mois qui lui permettra de tester le navire et l'équipage composé de 15 marins professionnels et 54 volontaires qui ont reçu une sérieuse formation. Le commandant sera Yann Cariou, ancien commandant du Belem, l'un des plus grands trois-mats existant au monde, construit en 1896 et actuellement navire-école. Le second sera une jeune femme également formée sur le Belem.

Modèle réduit, Rochefort

La poupe

La proue

Le chantier, la coque

On n'avait plus l'habitude de construire de tels navires, il a fallu tout réinventer. La première étape fut l'étude des archives permettant d'établir des plans. Il fallut ensuite trouver le bois, c'est-à-dire les chênes, au nombre de 2000. Elle fut suivie de l'installation d'un chantier gigantesque au cœur de l'arsenal de Rochefort. Rien que l'assemblage de l'ossature a pris plusieurs années. C'est la plus grande réplique jamais construite en France : 66 m de long, grand mât culminant à 47 m.


Les voiles

Les différents aménagements ont continué pendant plusieurs années car il fallait construire tout en retrouvant l'expérience du passé : voiles (coutures à la main), cordages....Des quantités de spécialistes sont venus participer de tous les coins de l'Europe. Du 6 au 18 juillet 2012, la coque quitte le radoub (bassin de construction) pour faire ses premiers pas sur la Charente. C'est alors qu'on s'occupa de la mâture. Elle atteint 40m de hauteur. On inventa une technique pour construire des mas très solides. Puis arriva l'équipe des gréeurs, qui installèrent les 24 km de cordages nécessaires.


La voilure qui nécessita 2 200 m2 de toile de lin, prit place sur les vergues.



On ajouta un cabestan et des canons fabriqués sur le modèle d'origine, d'ailleurs présent sur le navire.



Les aménagements

De nos jours, il serait impensable de naviguer avec aussi peu de confort que jadis. Sur les frégates de l'époque, il y avait plus de 300 hommes dont seul le commandement bénéficiait d'un peu de confort (couchettes, toilettes, alimentation variée servie à table), les marins se tassant par terre, mangeant de la viande séchée. Il fallait beaucoup de marins car on en perdait la moitié en route par maladie ou accident, les manœuvres étaient très difficiles (y compris pour retirer l'eau qui pouvait s'engouffrer dans la cale. ) Si l'aménagement est amélioré, les manœuvres restent difficiles et nécessitent une formation rigoureuse. Aujourd'hui, 78 passagers, hommes et femmes, prendront part au voyage. Des cuisines avec frigorifiques sont installées, des toilettes, des lits et des hamacs, des tables et bancs. Cabines pour le commandant, son second et pour le médecin.



L'association a été soutenue par des mécènes, des sponsors, des entreprises et collectivités et 4 millions de visiteurs qui ont financé 60% du coût de la construction.



Le voyage vers l'Amérique

Il comportera aux USA plusieurs étapes : Yorktown, Washington, Annapolis (dans la baie de la Chesapeake), Baltimore, Philadelphie, New York (Entrée dans le port le 4 juillet 2015 pour la fête nationale), Greenport, Boston, Castine (Maine), Halifax (Canada). Au retour, Brest sera la première escale.