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La valise mexicaine

Exposition présentée par Catherine Tomat

Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris, expose « La valise mexicaine » du 27 février au 30 juin 2013.

    Cette valise ( en fait, trois rouleaux et bobines), qui contenait 4500 négatifs de photos prises lors de la guerre d’Espagne entre 1936 et 1939 par Robert Capa, Gerda Taro et Chim, fut retrouvée au Mexique, d’où son nom, et restituée en 2007 à l’International Center of Photography, fondé par Cornell Capa, frère de Robert. Les documents (exceptionnels ) étaient intacts et pour la plupart inédits.

    Les planches de photos ont déjà été présentées à New York, Arles, Barcelone et aujourd’hui c’est le MAHJ qui les expose avec l’histoire des trois photographes juifs qui se sont investis dans le reportage de la guerre d’Espagne.

    Robert Capa (1913-1954) s’appelait en fait Endre Ernõ Friedmann. Juif hongrois, né à Budapest dans une famille bourgeoise, ses parents étant propriétaires d’une maison de couture. Etudiant, il milita pour la gauche s’opposant ainsi à la politique de Miklós Horthy. Il fut emprisonné puis libéré à la condition de s’exiler. Il partit pour Berlin en 1931 avec l’idée de devenir journaliste et trouva un travail dans un laboratoire photo tout en continuant des études de sciences politiques. L’arrivée d’Hitler au pouvoir et la mise en place des lois anti juives le forcèrent à quitter l’Allemagne pour s’installer à Paris.

En 1934 il y fit connaissance de Gerta Pohorylle (1910-1937) une jeune Juive née à Stuttgart dans une famille modeste de commerçants venus de Galicie, ayant fui la politique hitlérienne. A Paris, elle débute une carrière dans la photographie.

Ils rencontrent David Szymin (1911-1956), photographe de presse, juif, né à Varsovie, fils d’un grand éditeur en Hébreu et en Yiddish.

Tous les trois partirent en août 1936 pour l’Espagne afin de couvrir la guerre civile pour les magazines Vu, Regards, Ce Soir, Life. Ils signeront leurs photos sous les noms de Robert Capa (Endre Friedmann), Gerda Taro (Gerta Pohorylle) et Chim (David Szymin).

Pendant trois ans, ils vivront au cœur de cette funeste guerre qui opposa les Républicains au dictateur Franco. Robert Capa photographie les soldats républicains, Gerda Taro, photographie la mort à la morgue de Valence et Chim préfère prendre des clichés de civils montrant la désolation d’un peuple qui se meurt sous la dictature de Franco. Tous trois ont établi les bases de la photographie de guerre : scènes de combats, portraits de combattants, de blessés et de morts.

A l’époque de ce conflit, les progrès techniques ont permis aux appareils photos comme le Leica, facilement transportable et maniable, utilisant des pellicules souples, d’obtenir des images instantanées. L’image parle autant que le texte.

Gerda Taro perdit la vie à l’âge de 26 ans lors de la bataille de Brunette le 26 juillet 1937, près de Madrid, écrasée par un char républicain. Le 1er août, elle fut enterrée au cimetière du Père-Lachaise.

En 1939, Robert Capa quitta la France en laissant la valise de négatifs dans son atelier rue Froidevaux à Paris, dirigé par son ami Csiki Weisz. Il s’établit à New York et prit la nationalité américaine. Chim lui aussi s’exilera aux USA durant la seconde guerre mondiale et adoptera le nom de David Seymour. En 1940, à Paris, à l’arrivée des nazis, leur ami Csiki Weisz fuit en emportant les négatifs et après un long périple trouva refuge au Mexique.

En 1944, Capa fut le seul à couvrir le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie. A la Libération, Capa et Chim avec Cartier-Bresson, Vandivert et Rodger, créèrent la coopérative Magnum qui hébergera les plus grands noms de photojournalistes du monde.

Mais les guerres continuèrent et Capa partit pour l’Indochine où sa vie s’arrêta le 25 mai 1954 lorsqu’il sauta sur une mine en photographiant un groupe de soldats français. La France lui remit la Croix de guerre à titre posthume. Il fut inhumé dans un cimetière Quaker de New York proche de son ami Chim qui perdit la vie en 1956 en couvrant la crise de Suez.

Le MAHJ expose « La valise mexicaine » jusqu’à fin juin. Plusieurs conférences, rencontres ou films sont proposés autour de cette exposition.

www.mahj.org